Bilan du passé et prospective pour le futur

Le vingtième siècle a été le plus monstrueux de l’histoire. Les Hommes ont choisi pour l’instant la voie de l’autodestruction accélérée ; à la révolution, ils préfèrent la mort. Changeront-ils d’avis avant la destruction complète de la planète ?
Le passé a été horrible, le futur sera malheureusement encore pire.

En ces temps de fin de millénaire, il est à la mode de faire le bilan du passé et des prévisions pour la suite des festivités. Nous allons donc respecter cette tradition, observer objectivement les faits et en tirer les conclusions.

Globalement, depuis que l’homme est capable de fabriquer une arme, massacres, guerres, famines, souffrances et asservissements n’ont jamais cessé de se développer sur tous les continents, à toutes les époques, et sous toutes les "civilisations".
Il est désormais admis que le 20ème siècle fut le plus monstrueux de tous, histoire de finir le millénaire en laideur. Deux guerres mondiales particulièrement sinistres, des génocides à la pelle, des dizaines de "petites" guerres (coloniales, anti-coloniales, indépendantistes, anti-indépendantistes, civiles, militaires...), des famines..., plus les "broutilles" habituelles. Ce dernier siècle a même innové avec des guerres qui font plus de morts civiles que militaires. Sans parler des pays complètement en ruines et des champs de bataille "clafis" d’engins de mort pour des décennies.

Depuis toujours, les hommes se sont acharnés à dominer tous les territoires, à traquer et exterminer les bêtes sauvages dans les moindres recoins. La destruction de la planète s’est considérablement aggravée et accélérée ce dernier siècle. Les espèces animales et végétales disparaissent les unes après les autres, la pollution est devenue mondiale, durable et beaucoup plus toxique, la consommation imbécile des ressources fossiles ne fait qu’augmenter... Au 20ème siècle, on a aussi vu la naissance du nucléaire, avec ses bombes, ses accidents et ses déchets indestructibles qui n’ont pas fini de s’accumuler. (Pour un exposé détaillé de l’exploitation de la Terre par l’Homme, reportez-vous au livre de Clive Ponting, "Le viol de la Terre")

Là on va me dire : "OK c’est vrai, l’histoire de l’humanité est une succession d’horreurs, mais il faut voir aussi les côtés positifs, globalement les choses avancent , des progrès sociaux et politiques importants on été faits, la science et la technique apportent le confort et soulagent les êtres humains".
Eh bien non malheureusement, nos "sociétés" n’avancent pas, elles tournent en rond, et même elles reculent.

Bien sûr, certains peuples vivent dans l’opulence grâce à l’exploitation des autres, mais si on regarde à l’échelle planétaire, les conditions de vie ne sont guère mieux qu’au moyen-âge (voire pires), corrélativement aux chiffres de la population et aux capacités techniques de chaque période.
Bien sûr, il a toujours existé des artistes de génie, des écrivains et hommes politiques engagés et lucides, des déclarations humanistes et des lois vertueuses. Et alors ? Est-ce que ça a empêché la barbarie ? La violence change de visage et se déplace géographiquement, mais est toujours aussi dramatiquement présente... (voir le texte "Violences") Partout les riches s’enrichissent et le nombre de pauvres augmentent. Les traités, conventions et règlements censés empêcher des atrocités sont bafoués tous les jours... Les Etats cessent de s’y plier dès qu’ils y ont intérêt. Les "démocraties" ne sont que des décors dorés en carton pâte où les puissances de l’argent règnent en coulisse sur les troupeaux consentants.
Les personnes de "bonne volonté" ne peuvent pas lutter contre un tel raz de marée, et sont, de toute façon, récupérées par un système irréformable.

Le progrès de la "société" n’est qu’un mythe. On observe seulement des découvertes scientifiques neutres, ou néfastes au point de départ. Quels que soient l’utilité et l’intérêt des avancées de la science, elles ne changent pas le for intérieur des gens. Le confort matériel existe, pour une petite partie de l’humanité, mais l’arriération des mentalités reste inchangée.
Et les sciences, par nature, ne pourront jamais apporter une quelconque réponse aux problèmes fondamentaux qui se posent à l’humanité : Transcendance, Amour, Respect, Partage, Bien-Mal, Juste-Injuste, Ame-Conscience, Sens...

Pour ce qui est des millénaires passés, le bilan est donc effroyable. L’homme a utilisé son génie essentiellement pour détruire la planète et se faire la guerre à outrance. Il s’est comporté en parasite boulimique qui s’installe et consomme tout ce qu’il touche, C’est pourquoi on peut parler de préhumanité, le qualificatif "humain" supposant un minimum de respect, d’amour et de conscience, minimum rarement présent.
La préhumanité peut être fière, si son but dans la vie est la mort, elle a gagné ses galons d’exterminatrice experte.

Que nous réserve le 3ème millénaire ?

Aucun signe de changement ne s’annonce. Au contraire, tout s’aggrave dans une indifférence quasi-générale.
L’horreur va donc continuer, en étant éventuellement plus feutrée, plus sophistiquée, plus cachée, mais toujours aussi efficace et universelle.
La marchandisation du monde sera achevée. L’informatique et le virtuel seront infiltrés partout. Ce sera le règne absolu du fichage et de la surveillance. Les espions numériques seront omniprésents dans les rues, les maisons et les corps. La génétique et l’eugénisme intensifieront l’élimination de tous les "anormaux".
La pseudo-information continue, les divertissements de masse et la course à tous les plaisirs possibles seront les tyrans des siècles à venir. Les tendances observées à la fin de ce siècle grossiront sans limites et élimineront les traces résiduelles d’humanité.

Maintenant que la planète est entièrement investie et en voie de destruction totale, il ne reste guère que l’homme comme terrain d’expériences nouvelles et meurtrières. Après les industries mécaniques et chimiques, nous allons connaître l’explosion de l’informatique, mais surtout de la biologie.
Les délires du 3ème millénaire porteront davantage sur la robotisation concrète des êtres humains que sur la sophistication des robots ou la conquête de l’espace.

L’alliance informatique-biologie s’emparera des corps pour les pervertir en instruments de puissance, de performance, d’apparence et de jouissance. Ce ne sont plus tellement les vêtements et les accessoires externes (ordinateur portable, valise de luxe, voiture de standing, maison...) qui feront la mode et les classes sociales, mais les opérations chirurgicales et les implantations d’éléments "bio-informatiques" dans l’intimité des corps.
Il ne s’agit pas de faire taire les dissidents par des lobotomies ou des drogues chimiques, pas besoin, ils sont tellement minoritaires, mais de transformer vos corps en véritables objets, en machines à jouir et à gagner.

En somme, il s’agira tout bonnement de faire ressembler vos corps et vos cerveaux aux "pensées" qui agitent vos consciences., de parachever la fin de l’humanité en créant une sorte d’anti-humanité. Les êtres humains seront alors une marchandise comme une autre, avec un corps objet et un cerveau dominé par les pulsions et le vide, à moitié détruit et utilisé uniquement de manière fonctionnelle et émotionnelle.

JPEG - 23.8 ko
Anti-humanité
Après la desctruction de l’âme et de la conscience (ou esprit), viendra s’achever la destruction des corps.

Ce qu’on observe actuellement : piercing et implantation d’objets décoratifs sous la peau, informations qui circulent d’un individu à un autre par la peau lors du serrage de main, injecteurs automatisés dans les corps, téléphones portables mains libres, écrans sur lunette, montres sous la peau qui font TV et internet, dopages, appareillages pour athlètes, manipulations génétiques pour accroître les résultats sportifs, DPI et clonage..., sont les prémices de la robotisation de la préhumanité.

On passera donc de la préhumanité à l’anti-humanité et l’être humain aura cessé d’exister. Il est logique que des gens qui sont "anti-Dieu" se transforment en "anti-hommes". L’âme sera en quelque sorte coupée de la conscience par toutes les couches artificielles qui s’empileront. La conscience sera submergée en permanence par des tas de stimuli et deviendra incapable de véritable volonté et liberté, elle vivra dans un ersatz de réalité, un monde virtuel sur lequel ses seules prises seront les choix de consommation dictés par la pub tentaculaire et personnalisée.
Ces créatures ne seront plus que des machines sophistiquées, habitées par moins de conscience et de liberté qu’un cloporte.

Vous me direz que ce que je décris existe déjà. Tout à fait, mais je veux expliquer qu’à présent, les préhommes vont s’attacher à inscrire profondément leurs choix de mort et de consommation dans leurs corps et leurs cerveaux, rendant encore plus difficile (voire impossible) tout retour en arrière.

Quand ils auront complètement détruit la planète, ils vont forcément s’occuper de leurs corps vu qu’ils ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin.
Au vu des talents (persévérance dans la violence perverse et les inventions destructrices) qu’ils ont déployés pour anéantir les écosystèmes et le climat planétaire, ainsi que les premiers efforts sur eux-mêmes, on ne peut douter un instant de leur réussite totale dans cette entreprise d’annihilation de leur espèce. La résistance et la complexité des corps n’arrêtera pas leurs gros brodequins tachés de sang. Gageons qu’il leur faudra moins d’un millénaire pour s’auto-exterminer.

La préhumanité ne passera donc pas le prochain millénaire, à moins d’un miracle que rien n’annonce actuellement. Mais le propre des miracles n’est-il pas d’être imprévisibles ?

Vous devez clairement choisir entre la Révolution ou la Mort. Pour l’instant, la préhumanité a choisi la Mort, mais l’autre choix reste virtuellement possible. Au vu du passé, on peut craindre que même l’instinct de survie sera insuffisant pour inciter les gens à changer de direction quand ils seront vraiment au bord du gouffre.
Des personnes de plus en plus nombreuses se rendent compte que l’humanité court à sa destruction, et pas seulement des farfelus comme nous. Cette prise de conscience tardive tombe dans le cynisme ou dans l’indifférence. Au mieux, on se contente de recoller quelques morceaux, de limiter temporairement quelques excès... Ces activités désespérées et superficielles ne pourront même pas retarder l’échéance.
Personne ne s’avise bien entendu de prendre le problème au fond et de s’engager sur la seule voie qui pourrait nous sauver de l’auto-anéantissement. En mettant en avant les crimes passés des religions et du communisme à la sauce Mao ou URSS, on écarte avec effroi et bonne conscience toute pensée globale, jugée fascisante par nature. Et on se contente d’actions concrètes et ponctuelles, dérisoires. Les marchés, eux, ne se privent pas d’étendre leur domination de manière globale et totalitaire...

Nous pouvons donc formuler deux hypothèses :

1ère hypothèse
Vous vous serez purement et simplement rayés de la carte, les possibilités ne manquent pas : apocalypse nucléaire ou chimico-bactériologique, pollutions graves, perturbations du climat trop importantes, famines dues à la destruction de la planète...

2ème hypothèse
Vous vous serez transformés en anti-humanité, des sortes de robots biologiques déconnectés d’eux-mêmes et de la réalité, bousillés par l’alliance informatique-biologie.

Mais le plus probable est une conjugaison des deux hypothèses, qui rendra l’éradication définitive et radicale. La question qui demeure est : quand se produira-t-elle ? En 2150, 2317, 2668 ? L’avenir le dira.
Si la planète n’est pas complètement foutue pour la Vie, peut-être qu’une autre espèce émergera. Espérons qu’elle sera moins sanguinaire. Sinon, il faudra compter sur d’autres planètes, d’autres univers, pour qu’un jour la Vie et la Conscience éclosent pour de bon...


(extrait du site internet "Mutations radicales : pour construire maintenant un monde utopique.")